Coup de gueule des mensurations

1 octobre 2012

Laquelle d’entre vous n’a jamais flashé sur ce petit haut : couleur pétillante, décolleté parfait et matière toute douce, pour apprendre ensuite, grâce à la vendeuse et son regard hautain, qu’il n’existe plus qu’en une seule taille : XS ?

Pour celles qui, comme nous, ont déjà fait cette douloureuse et rageante expérience, notre « Coup de gueule #1 » de cette semaine s’adresse aux créateurs de mode !


Depuis quelques années, les mentalités semblent évoluer dans le secteur stricte et élitiste qu’est la mode. On se rappelle notamment des scandales sur les mannequins anorexiques qui perturbaient les défilés 2010. Mais alors, on en est où exactement ? Les 40-42 (et plus) sont de plus en plus exposés au grand public par le biais des magazines féminins, de la télé (comme l’émission Belle Toute Nue sur M6, pour ne citer que celle-ci, et son atout mâle : William, l’ami réconfortant qu’on aimerait toutes avoir) mais aussi du cinéma (on a apprécié le côté décalé et les blagues potaches du film « Mince Alors« ) !


Si l’on en croit les pages glacées, les marques proposent des collections et choisissent des mannequins « grandes tailles » pour les représenter. Pour exemple, la marque Ralph Lauren qui choisit Robyn Lawley comme égérie cette année, mannequin australien de 23 ans.
Robyn Lawley pour Ralph Lauren
En fouillant un peu, on s’aperçoit que cette magnifique jeune femme d’1m83 porte fièrement une taille 40, nous offre un 91-81-106, et là, on crie au scandale ! Ravies d’apprendre que 60% des françaises, nous compris, font parties des « grandes tailles ». On ne demande pas aux magazines de nous présenter une série de femmes taille 52 tous les mois, mais simplement de nous faire rêver grâce aux nouvelles collections, portées par des femmes épanouies et souriantes et non par de tristes planches à pain.



Dior Printemps-Été 2013 / Beth Ditto, chanteuse du groupe Gossip pour Jean-Paul Gautier lors de la Fashion Week parisienne de 2010
         

Franchement, depuis quand les mannequins taille 34 (on exagère à peine) nous vendent du rêve ? Les grands noms de la mode pensent-il que nous sommes friandes des côtes apparentes, des cuisses de l’épaisseur de nos mollets ou des bras que l’ont pourrait briser en un coup ? Et ce truc de tirer la tronche tout le temps, d’où ça vient ? Selon nous, les mannequins ne devraient pas avoir l’obligation d’avoir les fesses ou la poitrine aussi voluptueuses que celles des jeunes puceaux entrant à peine au collège ! La distinction même entre une jeune fille (voir une fillette) et une femme n’est-elle pas justement, aussi, le volume de son colleté ? Quand les mannequins viennent se présenter aux agences pour espérer faire carrière, beaucoup entendent « revient nous voir dans -5kg » (alors que la plupart sont déjà très minces), tout ça pour arriver pile à la limite de l’IMC (Indice de Masse Corporel) qui ferait passer de « poids normal » à « poids insuffisant ».


Et puis ça veut dire quoi « grandes tailles » en fin de compte ? 


P.S. : Bien sur cet article n’est EN RIEN un « message de haine » envers celles qui porte du 34 ou du 36. Absolument pas. Notre coup de gueule n’est porté que sur les grandes marques et grands noms de la mode qui ne comprennent pas que restreindre des nanas à grand coup de régimes drastiques et autres méthodes peu scrupuleuses (Robyn Lawley l’a d’ailleurs vécu au début de sa carrière) afin qu’elles puissent être autoriser à défiler pour eux et les représenter, ce n’est pas la réalité. Tout comme les fringues dans les magasins. Ils le savent qu’il y aura plus de recherche en 38-40 qu’en 34-36, alors pourquoi ne pas avoir les stocks en conséquences ? 

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